Pourquoi le net fait des bulles ?

L’effet chambre d’écho est défini comme suit dans la version en anglais de wikipedia :

Comme métaphore, l’expression “chambre d’écho” fait référence à toute situation dans laquelle l’information ou les idées sont amplifiées par transmission dans un espace clos.

Par exemple, les observateurs du journalisme dans les média de masse repèrent des effets de chambre d’écho dans le discours médiatique. Une source est à l’origine d’une affirmation que ceux qui partagent le même mode de pensée répètent, entendent, puis répètent à nouveau (souvent de façon exagérée ou déformée) jusqu’à ce qu’une version extrême se généralise.

Cette condition étant réunie dans les communautés online, les participants peuvent constamment se voir retourner leur opinion en écho, ce qui renforce un certain sentiment de véracité qui entre en raisonnance avec leur système de croyance personnel. Cela peut rendre difficile le discours critique dans un média online. (…) Un autre terme émergent pour décrire cet effet d’écho et d’homogénéisation au sein des communautés sociales du net est le “tribalisme culturel”.

***

On peut remarquer que dans les médias de masse, forcément rares, cet effet oblige les communicants à faire du spin, c’est-à-dire à introduire des éléments dans le discours pour orienter la version qui se généralisera. A défaut, ils perdent tout contrôle de leur histoire.

Normalement, cet effet est confronté à l’enquête, aux débats et conflits au sein des rédactions. L’extension à l’ensemble du discours médiatique s’évite en principe par le pluralisme.

En France, on relève généralement deux problèmes, montés en épingle. A gauche on pense généralement que les concentrations capitalistiques et les “amitiés” constituent un moyen de contrôle de l’opinion. Inversement, à droite, mais aussi ailleurs, on relève les versions qui s’imposent du fait de la trop forte homogénéité des journalistes1.

Si l’accès aux médias est bien entendu crucial, les considérer comme des instruments de contrôle des masses est une vision sommaire. Le peu charismatique Prodi a battu deux fois Berlusconi, à la tête pourtant du gros de l’édition et des chaînes de télé d’Italie. Le matraquage favorable n’a pas convaincu les Français de voter pour le traité constitutionnel européen.

L’influence n’est pas à sens unique, il y a un rapport symbiotique avec l’audience, ne serait-ce que sur la base des études de marché qui structurent les médias eux-mêmes2. Chomsky y voit d’ailleurs un mécanisme pour fabriquer du consentement à l’idéologie dominante : comment contester ce que le peuple demande “objectivement” lui-même ? McLuhan, pour sa part, considérait le capitalisme comme un produit de l’invention de l’imprimerie, c’est-à-dire que la distinction entre l’”idéologie” et son support est assez vaine.

Il est regrettable qu’on analyse rarement les aspects économiques et culturels. Le fact checking et les enquêtes à plusieurs coûtent cher et ne boostent pas les ventes à court et moyen terme, à l’inverse du sensationnel et du polémique, par exemple.

Au delà des dégâts personnels, les dysfonctionnements médiatiques ont surtout un coût, payé par le pays : l’information est de mauvaise qualité, les décisions prises par les acteurs sociaux sont peu adaptées aux réalités, donc médiocres.

***

Sur le net, l’effet se greffe à la psychologie de groupe :

  • Un groupe a une identité propre, disjointe de ses membres.
  • Il est impossible de déterminer si cette identité est coordonnée ou pas.
  • Cette identité assure sa cohésion, même au détriment de ses membres.
  • L’un des ressorts de cohésion est l’identification d’ennemis, réels ou imaginaires. Les groupes gravitent souvent autour des membres les plus paranoïaques, dont ils font les chefs. Ce sont les plus à même d’identifier les ennemis extérieurs.
  • Un autre ressort de cohésion est la vénération religieuse, dans le sens où quelque chose a été défini comme ne pouvant souffrir la critique.

On peut distinguer les sites qui laissent cette alchimie se développer de ceux qui tentent au contraire de l’atténuer.

1er type, dans la lignée du grand ancêtre Slashdot, Agoravox par exemple :

  • La contribution initiale est suivie de commentaires notés. Au delà d’un seuil d’impopularité, ils disparaissent de la présentation standard de l’article.
  • Le rédacteur aura progressivement ses lecteurs qui pensent comme lui, qui élimineront les commentateurs qui leur déplaisent.
  • Les commentateurs restants renverront vers des sources qui confirment et amplifient. Certains rédigeront des articles.
  • Les rédacteurs émérites deviendront membres du comité chargé de valider ces nouveaux articles.
  • Chacun ira les lire, les commenter et les acquiescer.
  • A force d’itérations, les aspects caricaturaux de cette présentation des choses s’estompent pour aboutir à divers groupes auto-formés, très soudés, sans coordination. On pourrait y voir le graal du marketing : les segments et niches se définissent, s’identifient et se recensent d’eux-mêmes.

2e type, Rue 89 par exemple. Deux éléments tentent d’enrayer ces mécanismes :

  • Le principe de l’information à 3 voix : journaliste, internaute, expert. Malheureusement, les experts se font rares et les journalistes sont soumis aux problèmes évoqués précédemment.
  • Un commentaire mal noté peut se retrouver mis en avant. Mais les votants finiront par comprendre comment l’éviter.

Là où dans les médias de masse on considère que le gros des pressions3 vient en amont (actionnaire, hiérarchie, annonceurs, sources, collègues, confrères, amitiés…), dans les médias online, elles viennent en aval, de ces groupes qui se coagulent par affinité.

Une information de qualité ne s’obtient que si l’on repère et gère les influences. Quand Daniel Schneidermann qualifie les forumeurs d’Arrêt sur images de pressionnautes, alors même que certains menacent de lui couper les vivres en se désabonnant, il tend vers le bon journalisme. La question difficile d’origine “Peut-on critiquer la télévision à la télévision ?” évolue vers “Peut-on critiquer le net sur le net ?”.

Quelle est la part de pressionnautes sur l’audience totale ? Dans le cas de Rue89, média participatif par excellence, sur une audience évaluée par Nielsen à 600.000 visiteurs mensuels4 seules 45.000 personnes disposent d’un compte, préalable à tout vote ou commentaire 15.000 personnes commentent. 10% de ces riverains, soit 4.500 personnes soit 1.500 personnes, postent 80% des commentaires5. C’est moins de 0,3% de l’audience du site. On retrouve ce rapport ailleurs : un article dépasse rarement les 100 votes, pour en général au moins 10.000 visites…

Prochaine note de la série : Bulle et Bill.

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  1. Nicolas Sarkozy en off : “les journalistes (…) c’est sociologique, chez vous : vous êtes 2/3 de gauche, pour 1/3 de droite.” []
  2. What Drives Media Slant? Evidence from U.S. Daily Newspapers, Matthew Gentzkow, Jesse M. Shapiro, University of Chicago and NBER []
  3. Pour être efficaces, elles doivent plutôt prendre la forme d’influences []
  4. Ce chiffre semble enflé : la comparaison sur Google Trends montre que lemonde.fr a une audience 10 fois supérieure à Rue89. L’OJD certifie une audience de 38 millions de visites mensuelles pour lemonde.fr, soit certainement pas plus de 4 millions de visiteurs uniques. [ MAJ 24/8 : Nielsen évalue lemonde.fr à un peu moins de 3 millions de visiteurs uniques par mois. Soit la fréquence de visite sur rue89 est plus faible, soit son audience surévaluée, soit Google Trends sous-évalue rue89. Je ne détaillerai pas, mais je pense au contraire que Google Trends, du fait de la méthode utilisée, surévalue ce genre de site.] []
  5. Riverains de Rue89, qui êtes-vous? Correction 4/9 : l’échantillon considéré porte plus vraisembablement sur les riverains qui ont commenté au moins une fois que sur ceux qui ont un compte []

Quand François Hollande était de droite

Il y a de cela bien longtemps, dans une galaxie lointaine, François Mitterrand, président de la République, et Jacques Attali, son conseiller, eurent l’idée, afin de semer la zizanie à droite, de faire publier un livre anonyme, prétendument écrit par un dirigeant de droite. Le véritable auteur du livre, journaliste trop connu, fut remplacé lors de la promotion du livre par un jeune homme politique méconnu :

On comprend mieux pourquoi le même, devenu entre temps premier secrétaire du parti socialiste, avait tant de mal à distinguer sa gauche de sa droite :

Ce que certains qualifieraient sans doute de magnifique retour du refoulé.

Quelques années plus tard, peu après l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, le plus mitterrandien des dirigeants de la droite publia dans Les Echos 24 lettres sous le pseudonyme de “Mazarin”. 10 ans plus tard, Nicolas Sarkozy reconnut en être l’auteur.

Il passe également pour être une source prolifique du Canard Enchaîné, à tel point que les juges ont chronométré le temps d’envoi d’un fax depuis le cabinet de son avocat pour tenter de le vérifier.

› Anonymat, pseudonymes, paravents et sous-marins feront partie de l’arsenal politique tant qu’ils démontreront leur efficacité. Pour parvenir à une démocratie exemplaire et apaisée, les contre-pouvoirs citoyens doivent relever ces pratiques, d’où qu’elles viennent, et non les relayer ou en faire usage eux-mêmes.

Sur le même sujet :

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Censure sur le site de l’ADECA - Asnières Nouvelles Citoyennes

[Date initiale de publication 19/8, republiée et complétée aujourd'hui 28/8 vu l'absence de validation de mon dernier droit de réponse. Mon dernier droit de réponse est validé. Toujours pas les deux autres commentaires, par contre.]

L’Asniérois libéré, devenu depuis Asnières Nouvelles Citoyennes, émanation de l’ADECA, chantre de la liberté d’expression et de la démocratie à Asnières, vient de… censurer deux commentaires où je répondais à diverses mises en causes “anonymes” me concernant.

C’est une première pour moi ! Heureusement, j’ai pris une vidéo pour immortaliser l’événement.

Je vends le DVD dédicacé 100.000 euros pièce. C’est un peu cher, mais comparé aux additions de Bouvard & Pécuchet Associés1, c’est donné.

Cette réaction d’assiégé est vraisemblablement liée à l’annonce de la plainte d’Aeschlimann pour dénonciation calomnieuse dans l’affaire du festival folklorique, qui devrait viser l’ADECA. Cette affaire est à l’origine du climat délétère et des dégâts collatéraux qui ont suivi. Les exagérations de départ (détournement de fonds, corruption) risquent maintenant de se retourner. Il sera difficile, pour compenser, de transformer une analyse de type sérieux en audit version farces et attrapes. Dilemmes et contorsions révélateurs en perspective.

Exemple tiré de l’audit version farces et attrapes

La lecture du précédent rapport de la chambre régionale des comptes permet de comprendre que le point 17 “Déficit inexpliqué- en pleine phase de croissance de l’immobilier- de la ZAC Métro: 35,4 millions d’euros” verse au mieux dans le sensationnalisme.

Ça semble bien vu si l’on se borne à lire le rapport 2007. Mais en 2001, la chambre relevait que “le bilan financier de la ZAC du Métro risque (…) à échéance de s’annoncer très déficitaire pour la ville dans la mesure où celle-ci continue à supporter la charge des intérêts des emprunts contractés pour financer son apport de 217 MF”.

L’insinuation prend une ligne et 30 secondes. La démonter demande du travail, du temps, de la curiosité et la possibilité de pouvoir vérifier, ce qui évidemment n’est possible que quand de l’information tierce, forcément parcellaire, est disponible en ligne.

De même que la courte page du dernier rapport qui survole la situation financière ne peut être comprise que comme prolongement du précédent et en ayant une bonne vision globale des finances de la ville, l’évocation du déficit final de la ZAC Métro reprend hors contexte la conclusion sommaire de ce qui avait fait l’objet d’une étude poussée la fois d’avant.

Jeu : parie avec tes amis. Le déficit sera-t-il “redéfini” (d’”inexpliqué” à “important”, “abyssal”…) ? Ou le point 17 sera-t-il supprimé ? L’existence du jeu a-t-elle un effet induit, style chat de Shrödinger ? “Daniel” honorera-t-il enfin sa promesse de m’ignorer ?

M. Pourbagher définitivement condamné 2

A propos de dénonciation calomnieuse et de dégât collatéral, le pourvoi en cassation de M. Pourbagher, directeur de cabinet de M. Aeschlimann au moment des faits, est rejeté.

C’est l’occasion de republier la fin de ma note “Pourquoi je défends le député” d’il y a deux ans et demi, que l’on aime tant caricaturer quand la baudruche menace de se dégonfler :

Au sujet du livre d’Edouard Balladur sur Machiavel : Comme l’indique Balladur, celui qui perd est effectivement celui qui n’est pas prêt à tout. La limite de la mort physique est semble-t-il acquise. L’affaire Mayetic pose en vérité la limite de la mort politique. Dans les démocraties avancées, cette mort intervient à la suite d’une défaite électorale. C’est sans doute ainsi qu’il faut interpréter le geste de Lionel Jospin abandonnant la vie politique. Comme en France la politique est une carrière à vie, la mise à mort doit emprunter d’autres voies. Trahisons et manipulations, notamment. Il est temps que chacun s’interroge sur les dégâts collatéraux de ces combats. La société civile a désormais les moyens de réagir et ne s’en privera pas.

J’ai relevé deux choses intéressantes depuis.

Au plan national, une évolution positive : la limitation à deux mandats présidentiels lors de la réforme constitutionnelle issue des travaux de la commission Balladur. On intègre ainsi dans le système un début de garantie de renouvellement, au moins par la tête. Seul le Modem, qui dispose de peu d’élus, peut proposer de façon crédible l’extension à d’autres mandats.

Au plan local asniérois, le statu quo

L’option d’une alliance byzantine, plutôt que celle de l’alternance nette autour d’un projet sérieux porté par des élus renouvelés, a validé une fois de plus la supériorité des manœuvres et des coups tordus sur les projets politiques. Fort de ce nouvel exemple édifiant, le premier acte politique de la mandature est donc, très symboliquement, une “trahison”.

Dans une ville de 80.000 habitants, il y a assez de talents pour remplacer plusieurs fois l’ensemble du conseil municipal. Un peuple souverain émancipé ne se préoccupe pas des conflits nombrilistes de ses élus. Lorsqu’ils dégénèrent et débordent à ce point, il renvoie toutes les personnes concernées méditer à la maison sur les mérites de l’autorégulation. A défaut, c’est un souverain faible que l’on mène par le bout du nez.

Quand M. Pietrasanta attribue “à l’opposition” l’impossible apaisement, dans un mimétisme hilarant avec M. Aeschlimann quelques mois plus tôt, il se leurre ou leurre son monde. Ce sont ses choix d’alliance et d’appuis — alors que le PS avait fait le choix du renouvellement de ses élus — et son refus de tenir un discours de vérité et de responsabilité aux électeurs, qui constituent la première cause.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais ça passe par une mairie de verre et la fin du manichéisme. La polarisation est nécessaire en politique. Pas le manichéisme, qui est la négation de l’autre.

MAJ 28/8

Réplique comme d’habitude sur les personnes plutôt que sur le fond. J’ai répondu en commentaire, mais pour l’heure il n’est pas validé.

Je poste donc en attendant ma réponse ici :

vous êtes vraiment très prévisible :

1) je ne fais pas de morale, c’est vous qui en faites. le problème d’Asnières est justement que l’on y fait beaucoup de morale et très peu de politique.

est-ce moral de s’engager en politique pour défendre ses intérêts (sa maison, celle de ses amis etc.) ? si l’on commence à poser ce genre de question, personne ne va en sortir indemne. il est donc préférable, comme je l’indique depuis le départ, d’envisager la politique comme le lieu où l’on confronte et négocie des intérêts divergents.

2) les deux sociétés en question n’ont pas d’activité. la deuxième citée cessera statutairement d’exister dans moins d’un an.

il y a même une trace ici :
http://padawan.info/fr/weblogue/surf_le_blog_de_lionel_linderman.html

enfin, en allant sur ce terrain, vous faites comme un certain ancien adjoint à la communication de la mairie d’Asnières qui rappelait la condamnation pour interdiction de gérer de certains de ses opposants de l’époque.

mais on peut si vous préférez se livrer à une comparaison morale entre l’interdiction de gérer et l’absence d’envoi au greffe de comptes de sociétés sans activité.

A lire ailleurs :

Ici, sur le même sujet :

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  1. Explication ici et, pour ceux n’ont pas lu cet hommage à la bêtise humaine, ici. []
  2. Dans les juridictions françaises []

asnierois.org, l’ADECA, l’ADADA et la vérité partielle

Nos brillants dialecticiens, tel un Manuel Aeschlimann des grands jours, se sont donc vautrés dans le concept de vérité partielle :

  • Asnierois.org envoie un fraternel clin d’œil aux auteurs de l’Asniérois libéré.
  • L’Asniérois libéré, émanation de l’ADECA, s’indigne et condamne les mauvais esprits qui font la confusion entre l’ADECA, qui a créé asnierois.org, et l’ADADA, qui édite asnierois.org.
  • Comme il est devenu difficile de nier ses liens avec la nouvelle équipe municipale, il faut désormais distinguer l’ADECA, “incontestablement” indépendante et citoyenne, de l’ADADA.
  • M. Pietrasanta, maire d’Asnières, donne le coup de pied de l’âne dans son dernier opus en renvoyant vers “l’excellent site” asnierois.org, sans préciser qu’il est lié à son équipe municipale.

Qu’on s’amuse de voir ainsi les apôtres de la transparence tenter de sauver le peu qui reste d’apparences, c’est en privé qu’il faut s’expliquer, entre nous, bien à l’abri des quelques lecteurs qui passent par ici !

Voyons l’historique :

  • asnierois.org a toujours été présenté par Philippe Vassé, y compris à de multiple reprises ici-même, comme un site citoyen associatif.
  • J’ai moi-même cru qu’il en était le principal animateur jusqu’à un article de Marianne qui indiquait que Josiane Fischer, ancienne UMP, est candidate indépendante à Asnières contre Manuel Aeschlimann dont elle dénonce les excès sur Asnierois.org . Ce que j’ai relevé pour la première fois ici.

Le lecteur d’asnierois.org de passage a-t-il été averti de la cession en 2006 de l’ADECA à l’ADADA dont on fait grand cas aujourd’hui, et de la satellisation du site par Mme Fischer ?

  • La FAQ du site indique encore à ce jour que : “afin de répondre à des critiques éventuelles de partisans politiques, quels qu’ils soient, liés à la Municipalité, nous tenons à dire clairement que nous sommes un site citoyen libre et indépendant, donc par définition critique par rapport à la gestion de la ville, quels que soient les partis politiques qui détiennent ou détiendront les clés de Hôtel de Ville.” Depuis mars, je n’ai lu aucun article critique par rapport à la gestion de la ville. C’est à croire que Manuel Aeschlimann est toujours maire.
  • Entre les deux tours des dernières municipales, Philippe Vassé indiquait encore, dans cet article d’Agoravox, que “ces pièces et articles de presse, comme le Rapport de la Chambre régionale des comptes, peuvent être lus en se connectant au site citoyen libre www.asnierois.org”

Que s’est-il passé pour que soudainement Philippe Vassé et l’ADECA tiennent tant à se démarquer d’asnierois.org, alors que tant d’ambiguïté et de confusion régnait jusqu’à l’élection ?

A mon avis, notamment un désaccord, classique, entre les maximalistes et les raisonnables. Le forum d’asnierois.org fournit d’ailleurs en partie la trace de ce conflit. Les initiés y reconnaîtront sans peine un certain Maximilien, qui expose sa vision de la façon d’aboutir à l’apaisement de la ville, à qui un certain Minimilien reproche de jeter de l’huile sur le feu. Ce conflit a atteint son paroxysme lors de la censure “pour raison légale” d’un article du forum. (L’ensemble a depuis été supprimé).

L’intérêt de l’opposition est naturellement d’exploiter la chose en reprochant aux raisonnables les agissements des maximalistes. Pietrasanta s’est ainsi vu reprocher les tracts de l’ADECA.

Or les raisonnables doivent éviter de faire passer Aeschlimann pour une victime. Car c’est précisément ce qui a si bien fonctionné pour eux lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Il y a simplement un petit souci : sur le plan des faits, Pietrasanta a hautement bénéficié de l’action de l’ADECA pour son élection. Difficile de prétendre ensuite n’avoir aucun lien avec.

Il est ainsi soudainement devenu fondamental de distinguer nettement ce qui était jusqu’ici diffus, en contradiction totale avec les traces du passé. De proche en proche, et pour de bonnes raisons pour les personnes concernées, on en vient au vaste continent de la vérité partielle, celui du pouvoir.

J’invite chacun à méditer ce propos de Dominique de Villepin déjà signalé ici, nettement plus fécond que le blahblah habituel sur la transparence, les manipulations et les trahisons.

“En politique, la transparence est toujours le maquillage de quelque chose. La transparence, c’est montrer ce que l’on veut bien montrer (…) mais à charge pour le journaliste d’être suffisamment curieux pour regarder ce qu’il y a derrière le rideau et ce qui intéresse les citoyens, c’est de comprendre les mécanismes complexes de la décision politique.”

Chacun a vu le maquillage là où des âmes intéressées braquaient les projecteurs : du côté de Manuel Aeschlimann. Ce que je me suis attaché à montrer, c’est aussi le maquillage de ses adversaires. Le passer sous silence ou refuser de le voir, c’était se priver de toute possibilité de comprendre ces mécanismes, et, partant, de les améliorer.

Le mélange politiques/citoyens/vendetta d’Asnières est loin de ce qui me semble nécessaire pour mieux domestiquer le pouvoir, qui passe à mon avis par des contre-pouvoirs citoyens qui n’ont pas d’ambition, pas de loyauté politique et pas de comptes personnels à régler. Mais le décrire, l’exposer,  en profitant du recul et de l’indépendance qu’aucun des acteurs ne peut avoir, c’est déjà un pas dans la bonne direction.

MAJ 4/8 : Formulation et liens.

MAJ 5/8

L”excellent site” asnierois.org, dixit le maire d’Asnières, qui compte le président de l’association qui le finance dans son équipe, vient de pondre un article emblématique de ses méthodes : on dénonce la bonne grosse manipulation chez Manuel Aeschlimann en 2001 pour contrer l’atteinte à sa réputation dans un contexte de tracts, pour manipuler subtilement le lecteur en ne l’informant pas correctement sur le fond.

L’enjeu du réquisitoire que l’AFP vient d’annoncer, était de savoir, enfin, si oui ou non Manuel Aeschlimann est corrompu, puisqu’à l’origine l’affaire portait sur des soupçons de détournements de fonds. Surprise, à part ici où on le subodorait depuis longtemps, sur cette question le parquet requière le non-lieu.

On s’imaginait que la prestation avait été gonflée, que la différence avait dû servir à financer quelque chose ou bien quelqu’un… Et bien après 7 ans d’enquête et d’instruction, on apprend qu’il n’y a pas eu de détournement de fonds.

Bon, ce n’est pas grave, on a lancé la justice sur d’autres affaires entre-temps, personne on n’y verra que du feu. Alors que la dépêche confirme la version présentée en 2004 par Dominique Carbonnier, l’organisateur du festival :

«L’intégralité de cette somme a été utilisée par CDA Production, et je détiens les preuves. D’ailleurs, des policiers ont saisi des documents chez mon comptable, il y a trois mois. Ce festival était une production lourde, qui a duré trois jours. Il ne s’agissait pas de quinze majorettes comme certains le disent. Je l’ai organisé à la demande de Frantz Taittinger et de Manuel Aeschlimann, que j’ai rencontrés lorsque j’ai fait un ménage comme journaliste dans la revue Asnières Communication.»

«En ce qui concerne l’appel d’offres, ajoute-t-il, c’est plus compliqué. Je ne dis pas que les procédures ont été respectées à 150 %, mais ce n’était pas mon rôle, je ne suis pas spécialiste en droit public.»

Au final, on est dans un cas de figure probablement moins grave que celui de Jean-Paul Huchon.

MAJ 22/8

Nouveau lien (plus stable) vers la dépêche AFP.

Sur le même sujet :

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En 1994, une anthropologue italienne qualifiait Bahram Elahi de chef de la secte des “Fidèles de la Vérité”

Dans son livre Le sette in Italia [Les sectes en Italie], 1994, ISBN 8879835173, l’anthropologue Cecilia Gatto Trocchi écrivait :

Altro gruppo islamico a sfondo esoterico è costituito dai Fede-
li della Verità che sono circa duemila in Italia e hanno la loro
sede in una casa nobiliare romana.(...)

Il maestro Nur Alì Elahi [Ostad Elahi] è stato il penultimo di tali maestri se-
greti: oggi suo figlio Sha Bahram Elahi è il capo della setta.(...) 

Al termine di un periodo di apprendistato tecnico-pratico (di
circa un anno) l'adepto è pronto per il Salsepurdam, un rituale di
abiura della religione di origine e di conversione all'Islam e alle
leggi comportamentali coraniche.

Traduction pour ceux qui ne lisent pas l’italien :

Les Fidèles de la Vérité constituent un autre groupe islamique à fond ésotérique. Ils sont environ 2000 en Italie et ont leur siège dans un palais romain. (…)

Le maître Nur Alì Elahi [Ostad Elahi] est le pénultième de ces maîtres secrets. Aujourd’hui c’est son fils Bahram Elahi qui est le chef de la secte. (…)

Au terme d’une période d’apprentissage technico-pratique (d’environ un an) l’adepte est prêt pour le Salsepurdam, un rituel d’abjuration de la religion d’origine et de conversion à l’Islam et à la charia.

Visiblement, outre sa capacité à rédiger des notes des RG et de la DST, à manipuler la presse, la Miviludes et les juges, M. Aeschlimann dispose d’une machine à remonter le temps :-D

Source :

  • Transcription de Le sette in Italia, Cecilia Gatto Trocchi, Newton.

MAJ 17/7 L’Asnièrois libéré- Nouvelles Citoyennes, un nouveau site qui résulte vraisemblablement d’un schisme de la tendance Nicolas Marié-Philippe Vassé d’avec asnierois.org, répond à cette note ici. J’ai répondu directement dans les commentaires.

MAJ 29/7 Nos brillants dialecticiens tentent de sauver les apparences. asnierois.org envoie un fraternel clin d’œil aux auteurs de l’Asniérois libéré. Pour sa part, l’Asniérois libéré s’indigne et condamne les mauvais esprits qui font la confusion entre l’ADECA, qui a créé asnierois.org, et l’ADADA, qui édite asnierois.org.

asnierois.org était présenté jusqu’ici comme un site citoyen indépendant. Comme il est devenu difficile de nier ses liens avec la nouvelle équipe municipale, il faut désormais distinguer l’ADECA, “incontestablement” indépendante et citoyenne, de l’ADADA. :-D

Ne désespérons pas :

  • Après avoir fait campagne contre la corruption, pour déboucher sur un stylo qui n’a même pas servi à parapher l’acte d’association entre la principauté de Banasnières et la République d’Iran ;
  • Après la taxe professionnelle, que même la femme de Barbe Bleue désespère de voir venir ;
  • Après les intérêts de la dette, que Mme le Grand-chambellan d’Asnières s’inquiétait de trouver si modestes lors du débat budgétaire, pour ensuite se vanter d’être parvenue à les baisser lors d’un conseil ultérieur ;
  • Après tant de mauvaises pioches, les Dupont et Dupond associés sont enfin tombés sur un bon filon : tenter de sortir du paradoxe, pointé régulièrement ici, “d’une démarche qui se prétend indépendante et citoyenne, alors qu’elle est en réalité très liée à l’une des candidates”, devenue depuis première adjointe.

Ne désespérons pas, car à ce rythme ils cesseront dès 2020 de faire le jeu des politiques.

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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La fondation Elahi en voie d’obtenir le statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social de l’ONU

Dans un communiqué publié le 4 juin 2008, le comité chargé des organisations non gouvernementales de l’ONU annonce que :

Le Comité a recommandé l’octroi du statut consultatif spécial à l’ONG française Fondation Ostad Elahi-Ethique et Solidarité humaine, avec laquelle les membres du Comité avaient engagé un dialogue le 2 juin dernier.

Dans son communiqué du 2 juin 2008, le comité indiquait :

Dans le cadre d’un échange avec les délégations, le représentant de l’ONG française Fondation Ostad Elahi-Ethique et Solidarité humaine a été invité à répondre aux questions posées par les représentants de l’Égypte et du Qatar sur la philosophie de son organisation.  Figurant parmi les 450 associations reconnues d’utilité publique par le Gouvernement français, la Fondation Ostad Elahi œuvre à l’approfondissement de ce que sont réellement l’éthique et sa pratique, a-t-il répondu.  Sa vocation est de contribuer à la constitution d’un savoir partagé sur l’éthique par ceux qui en sont les acteurs mêmes, c’est-à-dire, potentiellement, tout un chacun, a ajouté le représentant, qui a toutefois souligné l’intérêt particulier de la Fondation pour la mise en place de chartes éthiques au sein des entreprises.  À la lumière de ces précisions, les délégations du Qatar et de l’Inde ont assuré l’ONG qu’elles la recommanderaient pour le statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC.  Celle de l’Égypte a néanmoins souhaité obtenir par écrit les réponses faites cet après-midi par le représentant de la Fondation.  Pour cette raison, la demande de l’ONG a été reportée à une date ultérieure.

A noter que la version anglaise du communiqué est plus précise :

The Committee heard from a representative of the Fondation Ostad Elahi:  éthique et solidarité humaine, an organization in France which, inspired by the works of the nineteenth century Iranian philosopher Ostad Elahi, seeks to promote a spirit of tolerance and solidarity between peoples and culture.  In response to a question from Qatar’s delegate, the representative explained that the group was not a faith-based organization and it had been specially recognized by the French Government for its secular, public works. Its case was deferred pending the receipt of a written document reflecting today’s testimony.

Le représentant du Qatar a demandé à l’organisation si elle n’était pas religieuse (faith based), ce à quoi le représentant de la fondation a répondu qu’elle était reconnue d’utilité publique et laïque (secular) par le gouvernement français.

On rappelle que dans ses observations, la Miviludes indiquait que :

Pour l’heure elle va recommander aux administrations qui siègent au Conseil d’Administration de la fondation Ostad Elahi de réfléchir aux conséquences de la présence de l’Etat dans cette nébuleuse et de l’exploitation curieuse qu’en font ses membres. S’agissant d’une fondation et non d’une association, toute démission ou retrait de la reconnaissance d’utilité publique entraînerait la dissolution de droit de la fondation.

On comprend bien l’intérêt, notamment fiscal pour la fondation d’être reconnue d’utilité publique. On voit mal, en revanche, l’intérêt pour la république française laïque, de parrainer et d’avantager fiscalement une association communautaire étrangère traitant de questions spirituelles fondées pour l’essentiel sur le soufisme, soit sur une approche qui se veut religieuse de l’éthique.

Sources :

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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La plainte Elahi contre France 3 renvoyée à l’instruction

Le 6 mai 2008, concernant la plainte en diffamation de la fondation Elahi et de M. Bahram Elahi contre France 3, la Cour de Cassation a annulé l’arrêt de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris du 15 juin 2007 et renvoyé le dossier à l’instruction.

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La plainte de Marion Sarraut jugée irrecevable

Le 2 juin 2008, l’AFP indiquait :

VERSAILLES, 2 juin 2008 (AFP) - Fondation Elahi : l’action pour diffamation contre M.Aeschliman irrecevable

La cour d’appel de Versailles a estimé que l’action en diffamation intentée par une réalisatrice TV à l’encontre de Manuel Aeschlimann, ex-député maire UMP d’Asnières (Hauts-de-Seine) et de son ancien premier adjoint était irrecevable, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

La plainte avait fait suite à la distribution par la mairie d’Asnières, en mars 2007, de 40.000 exemplaires d’un dépliant de quatre pages sur la fondation Ostad Elahi, placée sous l’observation de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Le dépliant distribué aux Asniérois, titré “La Miviludes donne raison à la mairie d’Asnières”, citait nommément des associations et des personnes, dont la réalisatrice de télé Marion Sarraut, comme faisant partie de la “nébuleuse”, un terme utilisé par la Miviludes.

Dans son arrêt dont l’AFP a eu copie, la cour d’appel a estimé qu’”aucun élément ne permet d’affirmer que M.Aeschliman et M.Caillet ont eu comme intention d’atteindre personnellement Marion Sarraut (…) l’objectif visé étant clairement la fondation Elahi (…) dont les pratiques sont dénoncées comme sectaires, avec l’appui d’un rapport de la Milivudes”.

La cour d’appel a, par conséquent, infirmé le jugement du TGI de Nanterre qui, le 20 novembre 2007, avait condamné Charles Caillet, ancien adjoint au maire délégué notamment à la communication, à 3.000 euros d’amende et à verser 5.000 euros de dommages et intérêts et 4.000 euros de frais de procédure à la réalisatrice Marion Sarraut pour diffamation publique.

La diffamation n’avait pas été jugée établie pour M. Aeschlimann.

Marion Sarraut s’est pourvue en cassation, a précisé cette source.

Cette dépêche a été diffusée par La Croix ici, mais n’est plus disponible en ligne. On la retrouve toutefois ici et ici, et naturellement sur le site de l’UPA.

A noter que M. Pietrasanta, maire d’Asnières, asnierois.org (au moins 3 articles : annonce de la plainte, mise en délibéré, condamnation) et Le Parisien ont fait état de la condamnation de M. Caillet en première instance, mais n’ont pas signalé le résultat opposé de l’appel.

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